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Publié le 25 juillet 2017

Par : Castro Desroches

Il avait devant lui une brillante carrière d’esca/moteur et de voleur de véhicules. Et puis un jour, par un de ces innombrables accidents de parcours qui…émaillent l’histoire de ce pays, il est devenu…Député, avant d’arriver au Sénat de la République dans un…État lamentable.

Les propriétaires de voitures…dernier cri peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Il a changé de…maître et de métier.

Il devint très célèbre grâce à sa façon originale et personnelle de lire les…articles et les…propositions de loi. Il fit école parmi ses…pairs cons/crits qui, comme des perroquets de l’île au trésor, dans un effet de mimétisme saisissant, se mirent à jacasser dans un brouhaha assourdissant.

A la suite d’une drôle d’affaire de chiffres… romains, son compère Gracia Delva dont le saint patron est St-Yves, obtint du Président de l’auguste assemblée, l’inévitable You/ri Latortue, l’autorisation écrite et…bénévole de chanter au lieu de lire l’article…IV.

Le Sénateur Latortue déclina…volontairement l’offre généreuse de recevoir…30% du cerveau de son protégé Gracia Delva.

Si ma mémoire est…fidèle, ce fut en ce temps-là que les parle/menteurs, experts dans l’art du chantage, se mirent à chanter en chœur :
« Les zélections…pestilentielles, c’est du chobizness
Le chobizness, c’est pas seulement
Les trucs en plume et le cancan
Chobizness comme son nom l’indique
C’est du spectacle et c’est du fric… »

En Haïti, comme partout ailleurs, les lecteurs adorent les chansons, les happy endings, les histoires cousues de fil blanc, les histoires à l’eau de…rose. Ils ont le cœur dans la main. Les lectrices sont aussi des fouille-apporte qui s’asseyent à la première rangée de…l’audience.

Les lecteurs sont souvent des voyeurs qui adorent les histoires de voyous, de…voyelles et de con/sonnes.

Sweet Mimi qui a une solide réputation de lecteur vorace ne vous dira pas le contraire. Il aimait lire le…menu, à chaque fois qu’il allait au restaurant de Sonson la Familia, son ami intime et kidnappeur officiel à ses moments de…détente.

A nous, plumitifs superbes, nous qui ne plumons que la République des Lettres (jusqu’à la faire…héler), à nous cordons bleus et…chefs à notre manière, nous qui mélangeons volontiers hors-d’œuvre et chefs-d’œuvre, il est échu la tâche ingrate de servir sur un plateau…d’argent, des cuisses de grenouilles, des recettes de cuistres, des contes de crapauds qui chantent, des histoires de crapules qui pullulent, qui cumulent des postes et accumulent du fric dans des affaires…louches.

C’est notre châtiment à nous. Nous les gueux, les plumitifs. Nous les nuls et non avenus, rejets de la création d’une déesse…lare, ludique et capricieuse.

Pour avoir goulûment gouté à la…sainteté de son fruit défendu, pour avoir fait l’amour avec la sirène dans les eaux douces et le lit de sa rivière, pour avoir dessillé ses yeux sur les oh et les ah de l’alphabet du désir, nous avons été condamnés à jamais à relater en mille et miettes morceaux, les maux d’un monde rebelle à la mutation.

Vous l’avez sans doute deviné. Toutes ces palabres en pile n’étaient que digressions pour marronner l’épouvantable histoire. Tout ceci n’était que pré-texte. La…« pré-farce » d’une étrange aventure.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, si et seulement si Willot ne s’avisait de…lire à la tribune du Parle/ment. Avant, on avait très peu entendu parler de lui. A part quelques voitures…Volvo, portées disparues.

Ne vous y trompez pas : cette lodyans n’est pas au sujet du…Sénateur Willot Joseph. Loin de là. Willot n’existe pas en tant que…Sénateur. Il existe en tant que caricature hâbleuse. En tant que comédien. En tant que saltimbanque dans la foire des affreux Jojos.

En tant que Sénateur de la République, Willot n’est qu’une vue de…l’esprit. Un mirage. Un zombie.

Il est l’incarnation même de la médiocratie, de la …persistance dans l’erreur et de « l’effort dans le mal. » De la…cellule du Pénitencier à la tribune du Parlement, il est devenu un avatar de la criminalité triomphante.

Dans la presse parlée et télévisée, sur un ton…sentencieux, Willot fait des menaces de…mots. Si on ne l’arrête pas à temps, il va continuer à…véhiculer sa pensée. Il menace de continuer à…lire! Jusqu’à la maturation du maïs de Maïssade.

La prochaine session du Parlement promet d’être passionnante. Elle sera en pay-per-view au Ciné Théâtre Triomphe, près de la statue équestre de Sweet Mimi, au Champs de Mars. A l’affiche : Willot Joseph dans le rôle de porte-parole du Parti Kale Tèt.

Dans la réalité, Willot n’est qu’un symbole. Une métaphore. Le poster-boy de ce qui ne marche pas dans une Chambre transformée en corridor de la tentation.

Nous sommes Willot. Willot, c’est nous. Willot est un rappel de tout ce qu’il y a à faire et à défaire.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes en plein dans le…mazorisme politique. Nous avons une responsabilité citoyenne de sortir de la crasse, d’éradiquer la maladie infantile de la…démocrassie. Un grand sursaut national pour sortir du sottisier et entrer dans la modernité.

Willot est l’enfant terrible de notre échec collectif. Un pays qui, dans sa Chambre, continuerait à accoucher des Willot et des Gracia, serait en danger de mort.

Willot est à la fois complice et victime. Une victime…consentante. Celui qui, dans ce dur métier de durer…s’immole sur la place publique

N’allez surtout pas demander au Sénateur Willot Joseph de soumettre sa démission. Vous auriez…maille à partir avec lui. Il ne vous comprendrait pas. Ce mot n’existe pas dans son vocabulaire. C’est un « masochiste du pouvoir ». Il a une mission à remplir. Ses poches.

« Je ne reçois pas de compliments lorsque je…lis bien ». Vraiment ? En attendant le courant 24 sur 24, la Patrie reconnaissante lui droit une fière chandelle. Pour un peu, on serait tenté de le promouvoir directeur de la section…cultu/relle de la Chambre.

Les élections législatives ont-elles pour objectif la…constitution d’un Parlement digne de ce nom. Servent-elles plutôt à apporter du sang neuf à une association de malfaiteurs ?

Qu’en est-il des membres du Conseil Electoral qui ont permis à Willot de mener campagne…derrière les barreaux du Pénitencier. On ne fait pas ça à son propre pays. C’est un crime de haute trahison.

Qu’en est-il des pères con/scrits qui ont accepté de donner l’investiture à un Willot frais émoulu du Pénitencier ? Il ne s’agit pas seulement d’avoir une bonne alarme dans sa voiture. Il s’agit aussi de protéger l’image du Parlement. A force de donner l’accolade aux Gracia et aux Willot, on devient aussi coupable par…association.

Qu’en est-il des électeurs qui, sans aucune réserve, déposent…des bulletins comme s’ils étaient au cabinet d’aisance ? L’argent liquide serait-il un laxatif pour les…vo/tants? Faudra-t-il une médecine de cheval pour purger le pays d’un tel degré de patatisme ?

Selon Radio Vonvon, le Président inculpé serait en train de préparer la …sortie de son propre…parti : Karavann Bwa Bannann. Les électeurs vont-ils continuer à voter des candidats qui sont…en contravention avec la loi ?

Ne vous y…trumpez pas, Haïti n’a pas le monopole des « haitiâneries ». Nous ne sommes pas les seuls au monde à ne pas connaître le goût de notre bouche. Cela ne saurait servir de consolation. Je vous dis cela au tuyau de l’oreille. J’envoie…de l’eau, je ne mouille personne.

Evidemment, à côté des primaires et des scélérats, il existe des gens intelligents à la Chambre. On pourrait citer par exemple le Sénateur Zokiki (connu également sous le sobriquet de Jean-Renel Sénatus). En tant que Commissaire du Gouvernement, il avait fait preuve d’un rare courage politique. Paradoxalement, depuis qu’il est devenu Sénateur, il est frappé du syndrome de Sweet Mimi. D’agneau de Dieu, il s’est…converti en brebis galeuse. A chaque fois qu’il entre au Parlement, ce sont des mots sales qui sortent de sa bouche.

Pourtant, je ne suis pas parmi les…Philistins qui réclament à tue-tête la crucifixion du Sénateur Zokiki. Moi, je…crois que 10 jours et 10 nuits de jeûne, à la basilique du pasteur Chavannes, suffiraient amplement à lui faire entendre la voix du bien et du beau. Même si cette voie représente souvent, en Haïti, le chemin du calvaire.

A la rigueur, le Sénateur…Sénatus devrait apprendre par cœur, l’Evangile selon Estimé : « Si bergers du troupeau, nous nous en constituons les loups…si rebelles au meilleur de nous-mêmes, nous manquons à nos engagements solennels…»

Que dire alors du Sénateur Murat Cantave ? Un médecin dont le niveau de raisonnement ne dépasse pas celui d’une pintade. Lorsqu’on regarde sa tête à massacre, on voit bien que le Créateur de la Terre et du Ciel a un sens très…élevé de l’humour.

La priorité des priorités serait peut-être la remobilisation d’une…Armée d’éducateurs pour la classe politique. Des directeurs d’opinion…armés jusqu’aux dents pour mener, sur tous les fronts, une lutte sans merci contre l’ignorance crasse qui mine les fondements de la Démocratie. Penser écoles au lieu de penser casernes.

Une campagne d’alphabétisation des candidats du Parti Kale Tèt serait à mon sens une entreprise très patriotique. Leur administrer, dans les deux langues officielles, des examens de lecture et d’instruction civique.

Comme si on avait besoin d’un dernier argument contre la milice rose en gestation, vendredi dernier, les membres de la garde prétorienne de la Première dame ont agressé…ver/balement le Sénateur Antonio Cheramy. Une énième manifestation de cette…culture de violence de ceux qui, historiquement, n’ont toujours été « braves » et arrogants qu’en face de leurs propres compatriotes. N’était-ce le sang-froid du Sénateur Kato, cette nouvelle démonstration de « force » aurait pu facilement se terminer en drame. Personnellement, je les aurais tous désarmés. En toute modestie, je suis comme le professeur Sauveur Pierre-Etienne. Ceinture noire de…kung-fou!

Si ces soi-disant policiers ne peuvent pas faire preuve de…civilité, qu’en sera-t-il demain de la milice rose de Jovenel Moïse réorganisée sous le label d’Armée D’Haïti. Il est clair comme de l’eau de roche que l’ennemi que l’on cherche à combattre, c’est « l’ennemi »…intérieur.

A deux mois du…22 septembre, en ce mois de juillet qui marque le douloureux anniversaire de la création du corps des tontons macoutes, le moment est venu de dire aujourd’hui au président inculpé et à ses hommes de main: plus jamais!

cdesroches2000@aol.com

Castro Desroches enseigne le français à l’université, à plein temps, depuis 2005. Il est l’auteur de deux lodyans : Les Enfants Malades de Papa Doc (2015) et Chronique de la Décadanse du Chef Suprême (2016). Il prépare pour septembre 2017 un essai historique intitulé: L’avènement au Pouvoir du Professeur Leslie Manigat.

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