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Publié le 6 juillet 2015

Par : Gabriel Dugué

Le soleil amorce sa courbe descendante dans le ciel pour disparaître de l’autre côté du Morne des Capucins. Il est trois heures ou presque. La nouvelle s’éparpille dans l’air comme une traînée de poudre : Solon est mort. Il est, raconte-t-on, couché deux pieds tirés, ses yeux mi-clos à tout jamais fixés sur ses deux gros orteils.

Solon est mort. Ses pas ne se perdront plus dans la poussière des chemins, ses pieds ne se retrouveront plus sur les sentiers de la vie, car il est bien couché dans les bras de la mort.

La nouvelle met toute la Section en effervescence. Les langues vont bon train. Partout, on fait des gorges chaudes, spéculant sur l’origine et la nature du mal qui vient d’emporter Solon. Quoiqu’on ne s’entende pas sur quelle main exactement en est la cause (si tant qu’il y ait une main), tout le monde s’accorde néanmoins à admettre que la maladie dont souffrait le trépassé n’était pas « naturelle ».

Le fer coupe le fer, tranchent certains.

Solon a enfin rencontré plus « granmoun » que lui, sentencent les uns.

Qui frappe par l’épée périra par le même p, philosophent les autres.

En tout cas, la mort de Solon ne fait pas l’effet d’un événement bien attristant. En effet, nombreux sont ceux qui, de son vivant, ne portaient pas le défunt dans leurs cœurs. Mais quelque dent qu’on ait eue contre lui, tout le hameau est tenu de faire acte de présence à la veillée. On se doit d’être là pour présenter ses condoléances, témoigner ses sympathies aux membres de la famille et pleurer un peu le départ du vieux compère.

On est en pleine veillée. Entre deux crises de pleurs inconsolables, on boit du café noir, bien fort, sucré à souhait. On se régale du bon thé chaud de cannelle et de gingembre, sans négliger le clairin au ferment absolu qui emporte le gosier et met le feu au sang. On tète les bouteilles jusqu’à la dernière goutte, on se pourlèche la babine. On claque la langue de satisfaction…

-Ah, quel bon clairin!.. Ça, c’est du bon 22-22, en vérité!… Passe-moi encore la bouteille, compère, s’il te plaît !… Pour un clairin qui s’appelle clairin, c’en est un!… Bon clairin, bon bagay!…

Les tables de jeux de cartes et de dominos rivalisent d’animation avec le théâtre des devinettes et des contes chantés, le tout arrosé de belles lampées de tafia. Des petits groupes se forment ça et là, autour de la mémoire du disparu, vantant ses mérites. Tout un chacun tient à placer son petit mot. De la mêlée se détache un grand clerc parmi les clercs qui, soudain et sans s’annoncer, verse à haute voix dans une sorte d’oraison funèbre. Prenant le ciel, la lune et les étoiles à témoin, il jure combien Solon était un type comme-il-faut, un type bien, un homme sage, gentleman respectable, citoyen respecté, homme au grand cœur et de grand courage, incapable de faire le moindre mal à son prochain.

On ne tarit pas d’éloges à l’endroit du cadavre. Le cadavre est encensé d’un tas de louanges qui donneraient à croire que la nature ne charrie dans ses flancs qu’un seul Solon par siècle.

A chaque qualité post mortem attribuée au vieux Solon, l’assistance hoche la tête en signe d’approbation. Hop! Le vieux cliché ressurgit, le vieux cliché a la vie dure : il n’y a que les bons qui ne font pas long feu sous les tonnelles de la vie; et la mort, on ne sait pour quelle raison, a toujours la vile et injuste tendance à ménager les méchants quand elle choisit les mortels sur qui poser son grappin.

Comme si un ressort s’était cassé quelque part dans une vieille machine usée et fatiguée, on entend tout à coup quelques cris plus ou moins articulés, jaillis de nulle part, de provenance incertaine. C’est certain, la digue est rompue. L’envie de pleurer se propage avec l’aisance d’un feu de paille. Il y en a qui versent des larmes qui ne disent pas leurs noms. Des larmes discrètes, silencieuses. D’autres laissent échapper des gémissements étouffés. Il y en a qui poussent de grands cris, vociférant à perforer les tympans du ciel lointain. D’autres encore vont jusqu’à se laisser aller par terre, roulant dans la poussière, mimant le spasme de la bête blessée à mort. En un rien de temps, la maison mortuaire s’est transformée en un vaste pleuroir. Le chœur des pleureurs s’est mis consciencieusement à l’ouvrage. Se sert tour à tour à de la mélopée mourante, du lamento rouge vif, de la symphonie en staccato, des plaintes pétaradantes, de la cantilène trainante, des complaintes aiguës. Sont au rendez-vous tous les accords et toutes les notes dignes de figurer au festival de pleurs dus à « l’illustre » trépassé.

La vaste portée des clameurs s’ébruite sur mille lieues à la ronde, à l’entendement infiniment réceptif des quatre vents. Jusqu’aux bêtes et plantes sont invitées à se joindre au konbit des larmes et à faire leur part du deuil. La nuit de campagne retentit d’assourdissants hurlements ponctués, de temps à autre, de grands coups d’exclamations égarées parmi quelques interrogations sans réponse. De la mêlée se dégagent des interjections du genre :

« – Anmweeeeeeeee!… Woy, woy Solon! Tu t’en vas! Tu nous laisses! Quelle grande peine, quelle insupportable douleur! A qui dirai-je : bonjour compère? Qui me dira : bonsoir commère?…”

« -Dieu Tout-Puissant, Eternel de Armées, fais ton miracle! Rends-nous notre Solon !… Lève-le nous!… Tu nous enlèves notre Solon?… Tout de vrai, tout de bon, pour de bon ?…”

« -Cher, cher, très cher Solon, rouvre tes yeux, Solon; reste avec nous, Solon! Pourquoi nous quittes-tu? Pourquoi tu nous as fait ça ? Que tu es malhonnête, Solon!…”

Des larmes, il en coule à gogo. Il en coule des rivières. A réalimenter un océan desséché. Des larmes déposées dans les cœurs par le temps, le dénuement et la frustration. Larmes anciennes trop longtemps contenues dans les réservoirs oxydés du cœur. Larmes nouvelles et leurs mille raisons de s’extérioriser. La funèbre circonstance est une belle occasion pour tant de larmes de couler; et à amples flots, s’il vous plait. On dirait qu’on s’en donne à cœur joie. En tout état de cause, ces bonnes gens endeuillés pleurent surtout sur leurs matins sans semences, leurs soirées sans récolte, leur demain menacé; bref, leur invivable condition de laissés-pour-compte.

L’inhumation, c’est pour demain. Un enterrement de troisième classe. Malgré la cohue à la veillée, peu de gens daigneront se déranger pour accompagner la dépouille du vieux Solon à l’église du bourg pour les rites finaux et la mise en terre. C’est à peine s’il se trouvera deux ou trois chrétiens vivants de bonne volonté pour se charger du cercueil dont le transport nécessite la ferme solidarité de quatre épaules. De toute évidence, il importe peu à presque tout le canton qu’il y ait un Solon de moins sur la terre bénie! Et pour cause.

De son vivant, Solon s’était taillé la triste célébrité du « malveillant » le plus méprisé et le plus craint du canton. Mais qui était précisément ce Solon, en route pour l’ultime voyage, que personne ne semblait regretter?

C’était un homme tout simplement, un brave paysan comme tous les autres braves paysans ses compères.

Il est mort sans avoir vécu.

Il avait vu le jour à midi, au faîte du calvaire des « damnés de la terre », au pied de la croix des siens. Des nôtres, il avait partagé les soifs et les faims, la coupe amère et le pain dur, l’effroi et les faux espoirs, la frustration et l’indignation, les vaines promesses et les désenchantements, les éternels tourments et les rares instants de petit bonheur. Au champ desséché de la vie, il n’avait bêché que l’inimitié des quatre saisons. Il avait, toute sa vie, semé des paniers de rêves pour ne moissonner que des sacs de désillusions.

Pis, Solon avait été à l’école du destin. Toute la belle machine idéologique : l’église, le pouvoir, la belle société, l’école, la rue, s’étaient concertés pour l’endoctriner et lui enseigner des choses. Aux bons soins de tout ce beau et grand monde, il avait appris qu’il n’était pas né coiffé et que, si sa vie était pire que celle des chiens heureux, c’est parce qu’il avait eu la malchance de tirer le mauvais numéro au bingo de la vie, c’est parce qu’il était né sur le mauvais versant de la colline que ne visitent pas la lune et le soleil. Il n’était qu’un malheur tombé du ciel, du faîte de sa guigne, et il devait s’y faire.

Enfant de la balle, il ne savait ni lire ni écrire. Il avait une date de naissance qu’il ne connaissait pas. Il ne savait même pas qu’il avait eu droit à un acte de naissance qu’il n’avait jamais eu. Il avait vécu comme un âne, comme un cochon, comme un non-homme, comme un rien. Sans identité et sans reconnaissance civile. Immatriculé nulle part. Si vous lui demandez son âge, il vous répond, à l’exemple de la grande majorité de ses compagnons de bagne du paysannat, que des aînés lui ont dit qu’il a vu le jour sous le président untel. Et quand le président auquel on se réfère a passé un grand nombre d’années au pouvoir, il convient alors d’affirmer que l’âge des années se compte mieux que les années de l’âge d’une personne née en une certaine année « sous le président untel ».

Comme tout être humain, Solon avait ses hauts et ses bas. Il était capable du meilleur comme du pire. Son humanité accusait ni plus ni moins qu’un logique condensé d’ombre et de lumière. Par-dessus tout, il avait sa vie à laquelle il tenait, sa vie qui croulait sous des lots de rêves irréalisés. Sa vie, comme celle de toutes les petites gens, était un cocktail de rêves, de luttes, d’espérances, de déboires, de folies, de passions, d’illusions. Et de désillusions surtout.

Le plus grand rêve de Solon était de devenir un jour Chef de Section. Son arrière-grand-père et son grand-père l’avaient été. L’aïeul et le bisaïeul en avaient connu les fastes et les honneurs. Quant au père, appelé à la succession, il avait été, avant la consécration, fauché par une rafale de mitraillette yankee lors des péripéties de la guérilla de Batraville contre l’occupation du pays par la bannière cinquante-étoilée. Ainsi fut tranché le fil de la dynastie. A la mort du guerrier caco, le fils n’était encore qu’un gamin de neuf ans.

La vie poursuivait son cours et le petit Solon grandissait sous les tonnelles de la Section où l’on débitait aux rassemblements du samedi soir des tas d’anecdotes assez flatteuses au sujet de ses glorieux aïeux. Ces racontars le gonflaient d’une fierté telle qu’il eût pu en crever comme la grenouille de la fable. A seize ans déjà, il racontait à qui voulait l’entendre que le poste doit lui revenir de droit, par droit de naissance, en héritier légitime. Comme s’il indiquait déjà la voie à la dynastie des nasillards, il se revendiquait comme l’héritier légitime de la relève et ne s’en faisait point de le claironner sous tous les cieux. Mais il n’avait pas encore vingt ans, le bonhomme, et il avait compris la nécessité de patienter un peu. Vers ses vingt-cinq ans néanmoins, il ne tenait plus en place. On dirait que toutes les fourmis de la terre s’étaient donné rendez-vous dans ses jambes. Il était par monts et par vaux, entreprenant toutes sortes de démarches dans le dessein de restaurer, à travers lui-même, le nom de siens dans l’histoire de sa communauté rurale.

Toutefois, il était assez avisé pour savoir comment s’y prendre dans un milieu gangrené par la corruption, un milieu où le népotisme et le clientélisme sont érigés en institution. Il n’ignorait pas que, sans les bonnes grâces et l’intervention d’un haut-placé à qui il faut graisser la patte, il n’aurait qu’à faire un deuil de son rêve. Or, le rêve de Solon n’était pas fait pour mourir au soleil. Il n’entendait pas mourir avec son rêve figé au point fixe zéro de rêve. Il ferait tout pour l’amour et la réalisation de son rêve : être investi de l’autorité qui confère le droit aux révérencieux saluts des choukèt-lawouze, au port de l’arme à feu et du cocomacaque qui garantissent le respect absolu.

Il commença par faire part de son projet à certaines autorités civiles et militaires dont il sollicita l’appui. Le maire, le juge de paix, le greffier, l’officier de l’état-civil, le fondé de pouvoirs, le notaire, le directeur de l’école communale, le lieutenant, le sergent-major, chacun lui avait dit qu’il avait frappé à la bonne porte et que ce n’était qu’un jeu d’enfant de l’aider à se hisser sur le socle du pouvoir, au faîte de la gloire. L’unique condition est qu’il soit disposé à s’aider le premier. Il suffit tout simplement qu’il fasse preuve de belle intelligence et de bonne compréhension. Et alors? La volonté de s’aider, Solon n’en manquait point. Dans lequel cas, presque tout ce qu’il possédait de têtes de bétail, de volaille, de tubercules et d’épis aura passé dans les assiettes du dimanche de ces autorités.

Au fur et à mesure qu’il se délestait de ses poules, porcs et cabris, ses sacs de maïs et régimes de bananes en échange du poste convoité, son optimisme allait croissant. Il battait le fer chaud de son rêve sur l’établi du futur. Se consultant sans cesse au miroir de son identité future, Solon se voyait cacique, président étoilé, baron, suzerain, pape, imam, généralissime, seigneur, monseigneur, doge, excellentissime, premier consul, sultan, shah, mandarin, comte, duc, roi, rabbi, bonze, manitou, pharaon, mollah, pontife, maharajah, empereur, tsar, émir, sérénissime, éminence, chef suprême. Sur l’écran de son imaginaire se profilait l’image d’un chef de Section sanglé de gros-bleu, décoré d’une ribambelle d’épaulettes rouges, vénérablement cargué sur son équipage équestre en tête de cortège, menant les défilés carnavalesques en ville à l’occasion des trois jours-gras. Trois jours de pompes, d’honneur et de gloire.

Mais autorité, pompes et prestige n’expliquaient pas à eux seuls les motivations de notre Solon de se voir couronné. L’aspirant-chef rêvait aussi de se parer d’atouts susceptibles de lui attirer l’attention de la gent féminine. Il avait ses besoins masculins d’homme de chair et de sang. Le feu de son bas-ventre criait famine de chair féminine. Il soupirait après la présence d’une douce femelle qui viendrait meubler et illuminer la grisaille de ses nuits mal en point de mâle esseulé.

S’il avait plusieurs commères de la Section dans sa ligne de mire, il y en avait une pour qui il avait un coup de chapeau tout à fait spécial, un coup de cœur particulier. Il vivait sous le choc d’un coup de cœur pour une pimpante et appétissante donzelle répondant au nom de Marina.

Donzelle, il est vrai, mais quelle Eve! Celle-là ne va pas nue sous les pommiers d’un certain jardin d’Eden, mais sa jupe et son corsage ne sont pas pour atténuer les lignes aguichantes de sa fringante féminité. La gamine est moulée à mettre le feu au sang du dernier des anachorètes. Le fruit de ses lèvres, une merveille de sensualité. Les deux oranges, qui lui servent de seins, sont tendus vers le ciel comme une provocation. Sa démarche agaçante traduit la danse de la volupté. Sa hanche mobile tangue dans le port de son corps, tel un navire sans amarres sur le remue-ménage des vagues. Une vraie tentation que cette petite commère! Un objet de convoitise qui marche et qui parle, qui parle et qui respire, qui ferait tourner la tête jusqu’à Monseigneur l’Archevêque et plongerait sa Sainteté dans tous les états de la disgrâce.

Cet assemblage idéal de charmes physiques intimidait et paralysait Solon au point qu’il ne pouvait s’ouvrir à la Belle de ses douces pensées. Tout ce dont il était capable, c’était de se serrer les dents au passage de la fille et d’aller ensuite se masturber derrière le paravent de ses nuits de solitude, tout en criant comme un fou le nom de sa convoitée. Après avoir éjaculé tout son saoul entre les cuisses ouvertes et généreuses de la nuit, il contemplait en ricanant le nid dérangé de sa paillasse inondée, tout en essuyant les sueurs qui dévalaient les pentes des seins absents de la désirée. Mais un jour où il en avait assez de se forcer le biceps et de s’éplucher la peau du pénis, il se débarrassa de ses dernières hésitations et sella tous les chevaux de la galanterie pour s’adresser à Marina au galop de son imagination :

« -Belle ti demoiselle, entama-t-il le plus solennellement qu’il pût, deux mots, s’il te plait…

« -Qu’as-tu à me dire?

« -Voilà : tu es le bœuf salé de mon pois, le rapadou de mon café, la sauce d’hareng saur de ma patate. Parmi toutes les veines de mon derrière, tu es la seule qui ne me cause aucune douleur quand je vais aux toilettes. Tu sais que je suis un garçon sérieux, j’irais faire la demande pour toi en ouvrant la bouche…

Il n’avait même pas fermé la bouche que « Belle ti demoiselle » lui décocha un regard-foudre dans lequel s’est accumulée toute la puissance de l’engin qui atomisa Nagasaki. Elle le pulvérisa sans pitié sous tout le poids de son mépris. Elle le toisa, le tchwipa. Elle le tança vertement : “Ou menm tou? gade yonn!… Siksal!… Ou pa menm sonje ki dènye fwa ou te benyen!… Ou manke onz pantalon pou ka gen douz… Epi, ou dèyè fanm!…”

Le coup de massue, Solon le reçut en plein cœur. Oh oh, oh oh, songeait-il amèrement, quelle impertinente, cette tulututu de Marina!… Humilié, profondément atteint dans son amour-propre, réduit à un tout petit rien, Solon se cherchait entre le vague et le confus, entre le vide et l’absence, entre l’abîme et le néant. Les pieds en l’air et la tête nulle part, il planait dans les airs parmi les débris d’une aire dynamitée. Délesté de lui-même, il survolait les hauteurs accidentées de sa déconvenue, tournoyant dans un monde irréel où il était vestige, séquelle, reliquat, miette, reliefs, fragment, résidu, rognure, parcelle, copeau, tesson. Mais dans quelqu’état qu’il fût ou qu’il parût être, Marina n’en eut cure. Elle en profita pour lui servir, en plat de résistance, une salambade des mieux pimentées…

Elle lui disait comme ça qu’il n’est pas le numéro de son pied à elle, que chaque pain a son fromage, et que le fromage-Solon n’entrera jamais, jamais, au grand jamais, dans le pain-Marina. Elle lui disait encore qu’elle n’est pas une femme pour lui, et que s’il était le seul homme sur la terre bénie, elle n’hésiterait pas à cimenter « la petite chose que Dieu m’a donnée ». Elle lui disait enfin que s’il est en panne de femelle, il ferait mieux d’aller mettre sa maman « tête-en-bas »…

Au bas mot, Solon était tombé sur les os de sa grand’mère.

Malgré tout, ce n’était que partie remise pour le bonhomme qui, aiguillonné par les morsures de la blessure, était plus que jamais déterminé à faire la conquête de la fille. Il entendait surtout se venger de l’humiliation. A cet effet, il eut recours à un « tu voudras » qui ne produira nul effet. Marina ne voudra toujours pas. Elle n’était guère intéressée à être ni le bœuf salé du pois de Solon, ni le rapadou de son café, ni la sauce d’hareng saur de sa patate.

(à suivre)

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